La parentalité bienveillante : mode d’emploi

par | Mai 17, 2022 | Coup de pouce pour les parents

La parentalité bienveillante : mode d’emploi

Marre de crier après nos enfants, de répéter sans cesse les mêmes choses, peur de perdre patience trop rapidement, se questionner régulièrement : « Mais est-ce que je m’y prends bien ? Comment font les autres ? Est-ce que je suis trop dans la réaction ? », … Ça vous dit quelque chose ? 😅 🙄

Quand j’ai découverte l’activité de Camille, ma première réaction a été de me dire « Mais pourquoi est-ce que ce n’est pas remboursé par la sécu ? Pourquoi n’est-ce pas un passage obligé comme les 8 séances de préparation à la naissance ? ». Parce qu’on peut se le dire, la parentalité, on l’apprend quand même sacrément sur le tas !

Et toutes les questions que je me suis alors posée, j’ai décidé de les adresser directement à Camille et de vous partager ces réponses ! 😘

La discipline positive, qu’est-ce que c’est ?

Trouver un équilibre familiale et être dans le lien avec ses enfants par une éducation bienveillante et positive, c’est le fondement de la discipline positive. 

Se connecter, échanger et s’épanouir en famille : voilà les objectifs de Camille Hamelle, coach en parentalité bienveillante. Mais la discipline positive, c’est quoi ? À quoi ça sert, et quelles en sont les limites ?

On passe le micro à une pro 🎤 ! 

Camille Hamelle, fondatrice de MyPositiveFamily 

Hello ! je suis Camille Hamelle, maman de 2 petit loups : Titouan, 6 ans, et Léonie 3 ans. Je vis en Allemagne avec ma petite famille depuis maintenant 8 ans. 

Après de longues années de cheminement, remises en question et travail sur moi, la maternité a était l’élément déclencheur de ma reconversion professionnelle.

J’ai créé début 2021 mon entreprise « My positive family » qui propose de l’accompagnement en parentalité positive et bienveillante. L’objectif de mes coachings et programmes en ligne est de renforcer la connexion et le lien parent/enfant.

Quelles sont les bases de la discipline positive ?

La discpline positive est une pédagogie basée sur la fermeté ET la bienveillance, l’un n’allant jamais sans l’autre. Elle permet de faire respecter à la fois les besoins du parent et ceux de l’enfant. C’est ce qui m’a tout de suite plu et convaincue dans cette pédagogie. Il ne s’agit pas de se centrer que sur l’enfant et de tomber dans cette bienveillance à l’extrême mais bien de trouver le juste équilibre ( pas toujours simple, disons-le franchement!).

La discipline positive offre un ensemble d’outils et une méthode ni permissive ni punitive permettant de développer chez l’enfant l’autodiscipline et le sens des responsabilités. C’est aussi une approche qui encourage le développement des compétences sociales dans un esprit de respect mutuel.

Selon la fondatrice Jane Nelsen, voici les 5 piliers de la discipline positive : 

·      Aide les enfants à développer le sentiment d’être connecté (appartenir et contribuer). Il s’agit ici d’un des grands principes adlériens (sentir qu’on appartient à une communauté). 

·       S’appuie sur la notion de respect mutuel et d’encouragement (empathie et fermeté simultanément). 

·      Se veut efficace à long terme (contrairement à la punition qui n’est efficace qu’à court terme). L’approche s’intéresse à ce que l’enfant pense, ressent et apprend et ce qui va lui permettre de s’épanouir dans
le futur. 

·      Enseigne des compétences sociales essentielles utiles pour soi et au sein de sa communauté (le respect, l’attention aux autres, la résolution de problème, la coopération et le sens des responsabilités). 

·      Invite l’enfant à découvrir ce dont il est capable (encourage l’autonomie, la responsabilisation, l’estime de soi)

Et qu’est-ce que ça n’est pas ?

Je dirais, contrairement à des idées reçues, que la discipline positive n’est justement pas une pédagogie laxiste dans laquelle on laisse tout faire au nom de la bienveillance et qui ferait de nos enfants des rois ou des tyrans 😅 

C’est vraiment cette danse entre la fermeté et la bienveillance que l’on cherche à mettre en place. Laisser de la liberté à nos enfants tel un petit bateau qui navigue sur un fleuve, mais en définissant bien les berges (notre cadre) pour lui assurer sa sécurité et poser les limites

Qu’est-ce qui t’a conduit à cela ?

Quand je suis devenue maman, je pensais que tout allait être assez simple. Je ne m’étais pas posé de question car je croyais sincèrement reproduire plus ou moins le schéma éducatif que j’avais reçu. J’avais autour de moi une ribambelle de cousins, cousines et je pensais appliquer les méthodes que je voyais dans mon cercle.

Mon bébé a grandi, a commencé à s’affirmer et vers ses 15 mois tout m’a échappé. 

Je me suis retrouvé face à un petit bout qui cherchait déjà à s’affirmer et j’ai réalisé que d’imposer, de forcer, de m’énerver, voire même de crier, me menait droit dans le mur. Ça ne fonctionnait pas et surtout je me sentais complètement déconnectée de mon enfant. Je vivais ma maternité comme une véritable contrainte ! Je ne pouvais même pas envisager à ce moment d’avoir un 2nd enfant (moi qui avais toujours imaginé 3 bambins).

J’ai commencé à observer et me rendre compte que les mamans allemandes ici avaient l’air beaucoup plus cool et de moins lutter. 

Cela m’a interpellée et inspirée d’une certaine manière (même si au fond de moi ça m’agaçait aussi, je me demandais comment elles faisaient pour garder autant leur calme alors que moi je bouillonnais intérieurement !) 

Une amie m’a envoyé une vidéo témoignage d’une maman qui expliquait avoir vécu une véritable transformation dans sa parentalité après avoir suivi une formation en discipline positive. Je n’avais pas encore entendu parler de tout ce thème de l’éducation positive et bienveillante (d’autant plus que je n’étais pas sur les réseaux sociaux à cette époque).  Je me suis inscrite sur un coup de tête à une formation en ligne et ça a été la révélation ! Un nouveau monde s’est ouvert à moi. J’ai commencé à appliquer pas à pas et ça fonctionnait super bien ! Ma relation avec mon fils s’est littéralement transformée et beaucoup apaisée. 

J’ai vite eu envie de transmettre tous ces outils positifs à d’autres parents et je me suis formée et certifiée à mon tour en discipline positive.

Des parents pas préparés ?

En France, nous avons 8 séances de préparation à la naissance, mais absolument rien pour la préparation à la parentalité : est-ce une hérésie ?

Cela me semble dingue oui ! Personnellement je pensais naïvement que le job de parent serait beaucoup plus intuitif et inné que cela. Quand on rentre dans l’éducation pure et dure une fois que notre enfant sort de son statut de « petit bébé » c’est un vrai challenge je trouve! 

D’autant plus si on veut faire différemment que les méthodes classiques et plus autoritaires que nous avons connues. Avec toutes les ressources auxquelles on a accès, cela peut être encore plus difficile et culpabilisant d’être parent car on sait ce qu’on devrait faire sur le papier mais dans la réalité le « comment faire» est une autre histoire !

C’est vraiment dommage qu’on ne nous prépare par mieux à la parentalité car en apprenant plein de petits trucs sur le développement de l’enfant, sur leurs besoins et les raisons qui les animent à se comporter de telle ou telle manière, on changerait tellement notre regard sur eux. En changeant notre regard, on comprendrait forcément mieux nos enfants, ce qui nous permettrait de répondre autrement que dans l’énervement, les cris, l’impatience etc et du coup la connexion se ferait beaucoup mieux.

On entend parfois des jugements du type « Parentalité positive et bienveillance, … mouais, ce gamin il aurait surtout besoin qu’on lui mette davantage de limites ! ». Est-ce qu’il y a une frontière à ne pas dépasser ? 

Je suis à fond pour les limites, le cadre et la fermeté à allier encore une fois avec la bienveillance et l’empathie. On peut tout à fait être un parent extrêmement bienveillant et très empathique tout en posant un cadre très solide et ferme (avec des règles fixes, des routines etc).  L’enfant a besoin d’un cadre et de limites pour se sentir en sécurité et rassuré et apprendre à vivre en société.

Il ira secouer le cadre, parfois très fortement et c’est justement là qu’il ne faut pas lâcher (même si la tentation de lâcher ou de céder avec l’épuisement peut être parfois forte). On pourrait croire que de lâcher ferait plaisir à l’enfant et pourtant c’est le contraire ! L’enfant vient secouer le cadre pour s’assurer que son parent est bien fiable, qu’il peut avoir confiance et qu’il est en sécurité. 

Je pense que beaucoup de parents, tout à leur honneur ont voulu mettre en place cette parentalité ultra bienveillante, positive. Peut être suite à une sur-information sur le sujet. De peur de frustrer ou même traumatiser leur enfant, ils ont oublié de maintenir le cadre. Certains se retrouvent alors avec des enfants tyrans qui n’acceptent plus aucune limite. Les parents sont alors au bout du rouleau, épuisés car leurs besoins d’adultes ne sont plus du tout remplis ni respectés. Il y a vraiment un juste milieu à trouver. Personnellement, je suis tombée à un moment dans cet extrême trop bienveillante et heureusement que mon mari était là pour maintenir ce cadre et me tirer la sonnette d’alarme.

Connexion parent-enfant : des tips ?

Tu parles souvent de connexion parent-enfant : quels sont tes tips du quotidien pour se connecter avec eux ? Comment on gère quand on a 2, 3, 4 kids ? 

Oui, cette notion connexion me tient beaucoup à cœur et je suis certaine que cela aura un impact hyper positif pour nos enfants et les adultes qu’ils deviendront. C’est en étant connectés véritablement à eux qu’on saura aussi détecter leurs talents et les aider à libérer leur plein potentiel pour être plus tard à leur juste place. 

Combien d’adultes déconnectés d’eux-mêmes galèrent aujourd’hui à retrouver de la joie et de l’inspiration pour faire quelque chose dans leur vie qui les anime profondément et les épanouit ? Je suis passée par là et j’en vois tellement autour de moi…

> Mon 1er tips : Etablir de manière régulière « des temps dédiés » avec chaque enfant. 

Le temps dédié est comme le décrit Jane Nelsen, une bulle d’amour inconditionnel, d’attention exclusive, de présence à l’autre en bref un bonheur partagé. Cela n’a rien à voir tout le temps que l’on passe naturellement avec nos enfants sans l’avoir toujours choisi.  Un temps dédié que l’on décide de planifier dans notre organisation de folie, est beaucoup plus puissant parce qu’on a décidé en conscience de passer un temps privilégié avec un seul enfant.

C’est l’une des choses les plus encourageantes que nous, parents, puissions faire avec nos enfants. Passer un temps régulier programmé dans les planning hebdomadaire pour avoir un moment très particulier avec son enfant. On dit que déjà rien que 10 minutes par jour cela a un impact énorme !

Alors évidemment ce n’est pas toujours possible voire même difficile selon notre organisation et le nombre d’enfants que l’on a. A chacun de voir ce qui est possible de mettre en place et puis si ce n’est que le week-end , c’est déjà génial !

> Un  2nd tips :  Les enfants ont un fort besoin d’appartenant et de contribution comme tout être humain.  Nourrir le « NOUS » en les responsabilisant le plus possible et en leur confiant des tâches ou des petites missions que l’on fait ensemble permet de bien se connecter. Par exemple on peut dire à son plus grand : « Allez on prépare la soupe pour la famille en équipe ? Tu péles les carottes et moi je les coupe ou l’inverse ? »

Ou encore proposer de plier le linge ensemble « Tu gères les paires de chaussettes ou tu plies les T.shirt ? » 

Le fait de faire ensemble remplit à fond les 2 besoins évoqués ci-dessus et nourrit la connexion parent-enfant.

Si on a plusieurs enfants, on peut mettre en place un planning que l’on co-construit ensemble. Plus les enfants sont impliqués et acteurs dans la mise en place de ce type de tableau, plus ils auront plaisir à s’y tenir.

Parle-nous de My Positive Family.

Comment se passe un coaching ? Combien de temps dure cet accompagnement ? Dans un monde idéal, cette mise en route de discipline positive serait à mettre en œuvre sur quel tranche d’âge des enfants ?

Aujourd’hui je propose 3 types de services.

1/ Soit on choisit de se former seul et à son rythme et on peut donc suivre ma formation en ligne « Ca y’est, mes enfant coopèrent » qui est une boite à outils positifs hyper concrets. Elle est super pratique, je l’ai organisée autour de toutes les problématiques du quotidien qui peuvent coincer (par exemple brossage des dents, aller au bain, s’habiller, le tunnel du soir etc) 

2/ Sinon je propose des séances de coaching individuelles. 1 problématique – 1 appel d’une heure- des solutions très concrètes pour retrouver de l’apaisement.

3/ Enfin, le gros de mon activité c’est mon coaching de groupe. A ce jour, je le propose 2 fois par an en petit groupe (mais je réfléchis à l’ouvrir toute l’année et à faire évoluer le concept).

Ce sont donc des petits groupes de mamans que j’accompagne pendant 4 mois autour de 3 axes principaux : 

  • La reconnexion à soi pour retrouver un bien-être (connaissance de soi)
  • La compréhension profonde de l’enfant et de ses comportements
  • La mise en pratique de façon très concrète de la discipline positive et de nombreux outils positifs 

C’est marrant car beaucoup de mamans qui intègrent le programme n’ont qu’une hâte à la base c’est de s’atteler à la partie « éducation » et très vite elles réalisent à quel point la 1ere partie dédiée au bien-être du parent, à la connaissance de soi est primordiale.

C’est le socle à poser de la parentalité bienveillante avant d’aborder les sujets plus pratiques qui touchent l’éduction.

Je dis souvent « les parents d’abord, la bienveillance commence par nous »

Comment peut on donner à nos enfants et répondre à tous leur besoins si nous ne le faisons pas du tout avec nous à la base ?  

J’accompagne à ce jour beaucoup de parents dont les enfants ont entre 1 et 10 ans.

J’aime faire écho à ma propre expérience et partager beaucoup d’exemples avec mes enfants. Je ne me sens donc pas encore légitime pour aborder l’adolescence par exemple.

Mes enfants ont 10, 8 et 2 ans, est-ce trop tard ? 😅

Absolument pas ! il n’est jamais trop tard pour ajuster des choses dans notre parentalité et faire différemment. Je connais des familles qui ont implémenté la discipline positive chez elles alors que leurs enfants étaient déjà ados et qui ont vécu de belles transformations !

Améliorer sa parentalité : à qui le tour ?

Pour ceux qui veulent en savoir plus, tu nous donnes rdv où ? sous quel format ?

Je suis très présente sur Insta (MyPositiveFamily), je travaille sur une chaine youtube et je propose régulièrement des webinaires ou conférence gratuites. Vous pouvez aussi réserver un appel découverte gratuit sur mon site www.mypositivefamily.com

Au plaisir d’échanger avec vous !

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Un immense merci, Camille, pour toutes ces infos, précisions et partage de convictions !

J’espère que cet article vous a surpris, plu, interpellé, donné envie de vous accorder des moments de complicité avec vos enfants. de mon côté, j’ai décidé d’en retenir 2 éléments : soyons effectivement plus bienveillant dans le regard que nous avons sur notre rôle de parent et tout est encore possible 😜

A bientôt,

Clémence, fondatrice de Milirue

Clémence Decouvelaere

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